Contre l’étiquetage de l’humain et pour une approche profondément relationnelle.

Ces derniers temps, j’entends de plus en plus de personnes arriver en thérapie en se présentant comme un diagnostic ou un profil neuro :
« Je suis TDAH. »
« Je suis hypersensible. »
« Je suis HP. »
« Je suis TSA. »
Comme si leur être tout entier devait désormais se comprendre à travers ce filtre. Comme si l’on pouvait dire quelqu’un en un mot, en un acronyme, en une case.
Mais un profil, aussi utile soit-il, ne dit pas une personne.
Il ne parle pas de son histoire.
Il ne raconte pas son rapport au monde, ses blessures, ses désirs, ses contradictions.
Il ne dit rien de ce qui fait son humanité profonde.
Une tendance rassurante, mais dangereuse
Nommer un fonctionnement, c’est souvent un soulagement. Ça met du sens sur un vécu confus, ça aide à se situer, à s’orienter. C’est important.
Mais quand le mot devient étiquette identitaire, il commence à enfermer.
On ne dit plus :
« J’ai un fonctionnement TDAH »
On dit :
« Je suis TDAH »
Et ce glissement là change tout. Il fige. Il réduit. Il transforme une personne complexe en profil neurodéfini.
Nous sommes bien plus que nos caractéristiques
Aucun mot, aucune catégorie, aussi fine soit-elle, ne peut épuiser la richesse d’un être humain.
Nous ne sommes pas des profils à optimiser.
Nous ne sommes pas des systèmes à diagnostiquer.
Nous sommes des personnes. Des existences vivantes, mouvantes, en lien.
Il y a une différence fondamentale entre parler de soi à partir d’un ressenti, et se définir uniquement à travers un cadre théorique.
La première ouvre une parole vivante.
La seconde fige une identité.
Ce que propose l’approche centrée sur la personne
Dans l’approche centrée sur la personne, on ne cherche pas à définir qui tu es à partir d’un trouble, d’un test ou d’un score.
On s’intéresse à comment tu vis ce que tu vis.
À ce que ça fait, à l’intérieur.
À ce que ça empêche, ce que ça protège, ce que ça révèle.
Un même profil TDAH peut contenir mille vécus différents.
Ce n’est pas le mot qui compte, c’est la personne qui le porte.
Cette approche repose sur un principe simple, mais radical :
Tu n’es pas un profil. Tu es une personne.
Sortir des définitions, revenir à la relation
Quand on réduit quelqu’un à une catégorie, même bienveillante, on passe à côté de ce qu’il a de plus humain :
• ses nuances,
• ses paradoxes,
• sa capacité à changer, à se dire autrement d’un jour à l’autre.
Accueillir un diagnostic, oui.
S’y réduire, non.
Ce que j’essaie d’ouvrir en séance, c’est un espace où l’on peut déposer ces étiquettes si on le souhaite, pour venir avec ce qu’on est vraiment : parfois flou, parfois contradictoire, toujours singulier.
Et si on se souvenait de cela ?
Tu n’es pas ta sensibilité.
Tu n’es pas ton hyperactivité.
Tu n’es pas ton intelligence, ta charge mentale, ton profil cognitif.
Tu es toi, avec tout ce que ça contient, et tout ce que ça dépasse.
Et c’est cette rencontre là, dans sa complexité, qui m’importe et qui reste l’essentiel !